• Jérôme Caramalli

Granito & Terrazzo et ses origines...


Voici un sujet qui relate les origines de ce revêtement de sol et qui revient en force dans la décoration.

Cet article a été écrit par M. Jean-Pierre Araldi - société Le Granito - www.granito.fr

Bonne lecture !

Le granito, terme générique en France (Opus signinum) , ou « terrazzo alla veneziana » ou encore « terrazzo alla genovese » selon le mode de mise en oeuvre, est un revêtement de sol décoratif qui trouve ses premières applications véritables dès l’époque hellénistique et fut importé de Grèce en Italie à l’occasion des invasions romaines.

Mais la source originelle de cette matière se situe bien avant notre ère puisque l’on retrouve datant des environs de 4500 Av J.-C. en Mésopotamie, sous forme de décors mosaïques, (Mosaïque: appareillage de pierres qui appartient aux Muses) les plus anciens vestiges d’emploi de tesselles aléatoires pour l’édification du palais de Warka. (Actuel Uruk en Irak)


Alors que depuis cette lointaine antiquité, les notables font appel à des mosaïstes pour réaliser des mosaïques en marbre pour les sols, en émaux et or pour les plafonds, les moins fortunés utilisent des revêtements plus économiques issus de résidus de ces matériaux précieux.


Ce qui n’était donc au départ qu’un hasardeux agglomérat de terre battue mélangé à des débris de matériaux de toutes sortes fut très probablement à l’origine compacté et poncé involontairement par l’usure naturelle du temps et des passages successifs avant qu’un œil avisé ne s’intéresse au résultat inopinément obtenu.

Les premiers inserts de granulats de marbres répondirent sans aucun doute à des aspirations décoratives et eurent pour mérite de considérablement durcir les parements de surface, pour se substituer progressivement aux briques pilées primitives jusqu’à les éliminer totalement.

Ainsi naquit le « Granito/Terrazzo » qui signifiait au départ « Remblai » ou « Terrasse » en Italien.


A la fin du moyen âge, la conjonction de l’essor de Venise, de ses besoins architecturaux, et la présence des carrières de marbres dans la région de Vérone facilita l’approvisionnement des agrégats et permit d’alimenter directement La Sérénissime via le cours du fleuve « Adige » en aval.

Ces granulats, de plus en plus fins au fil des ans, des concassages et des demandes des artisans, enrichirent encore les débouchés esthétiques des motifs et autres variations thématiques de cette matière.

Le liant de base était alors composé de chaux aérienne éteinte et de terres cuites concassées, les éclats de marbre étaient semés puis battus pour pénétrer dans ce mortier. Le ponçage était effectué au moyen d’un « orso », sorte de meule de pierre fixée à l’extrémité d’un manche de bois avec lequel les artisans frottaient le sol jusqu’à obtenir l’aspect requis, la protection capillaire de finition étant constituée d’un mélange à base d’huile de lin.


Et c’est tout naturellement dans la cité lagunaire vénitienne que ce procédé atteint son apogée tant en maîtrise technique qu’en aboutissement esthétique au XIIIè siècle, pour être définitivement intégré aux concepts architecturaux des édifications de cette période.


Les remarquables qualités du granito/terrazzo, notamment pour sa stabilité en milieux humides et sa longévité, en ont donc fait le principal constitutif des sols des plus beaux palais vénitiens tels que le Palais des Doges, dont la salle du grand conseil représente à elle seule une surface de 1325 mètres carrés d’un seul jet, mais aussi les Palazzo Loredan, Ca d’Oro, Palazzo Rezzonico, Palazzo Grassi, etc., encore parfaitement conservés 800 ans après leur réalisation !


Ce procédé devint ainsi ces six derniers siècles le domaine privilégié et même réservé des artisans du Frioul (nord-est de l’Italie) du fait de leur incontestable expertise, fruit d’un savoir faire traditionnel et ancestral transmis de génération en génération au point de finir par constituer une confrérie patriarcale: « i terrazzieri« .


La première du genre est officiellement enregistrée en 1582 à Venise sous la dénomination de « Confraternita dei Terrazzieri » et peut être comparée à ce qu’est aujourd’hui un de nos « conseils de l’ordre ».



L’entre-deux guerres et la vague « Art-Déco » des années 1920-1930 a vu l’exportation de ce savoir-faire à travers toute l’Europe du nord où les maîtres du genre ont donné la pleine mesure de leur créativité en nous laissant en héritage des oeuvres dont un très grand nombre est encore présent aujourd’hui, y compris dans les demeures les plus modestes.

De nos jours, le liant principal est le ciment (blanc ou gris), teinté ou non dans la masse, agrémenté d’éclats de marbre de toutes granulométries qui sont incorporés directement dans le mélange de base avec le ciment. On n’a plus recours au « semé » que si l’on veut créer un dégradé ou un motif particulier dans le sol.

En France, si de nombreux sols, cimaises et escaliers ont été réalisés en granito coulé « in-situ » dans ces années 1920/1930, le procédé a cédé la place dans les années 1950/60 à une mise en oeuvre sous forme de dalles préfabriquées 20×20 ou 30×30 le plus souvent. Force est de reconnaitre que, si la robustesse de ces dalles est indéniable, en revanche, le coté original et créatif de la matière y a beaucoup perdu.

Le Granito est ensuite tombé en désuétude en France jusqu’à ce qu’il soit redécouvert par les milieux architecturaux et décoratifs au début des années 1990.



Il est aujourd’hui mis en œuvre sous forme de sols coulés en place le plus souvent, avec ou sans incorporation de mosaïques, mais est aussi utilisé, du fait des ses remarquables caractéristiques mécaniques et de résistance apparentées à celle des bétons, (il peut même être ferraillé et moulé) pour réaliser de multiples applications telles que des plans de vasques de salles de bains, des plans de cuisines, des douches à l’Italienne, des habillages muraux et même de façades, des plinthes, des bassins, des bords de piscines, des cheminées etc.


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